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J'ai pris le petit corps par la main. Je l'ai conduit chez le psychiatre rue de Grenelle. Je crois que j'étais tellement fatiguée, et je n'en pouvais tellement plus, que j'en étais arrivée à la conclusion, qu'il fallait que j'organise ma vie en fonction d'un bien être physique Le vent soufflait je frissonnais dans cette petite rue. J'ai longtemps pensé que les vides n'existaient certainement pas ou pas encore. Les vides viendront plus tard, lorsque les joies et les douleurs se font moins violentes et excessives. Lorsqu'on comprend que malgré tout, on continue à vivre. Lorsqu'on commence à moins attendre. Tu m'as souvent demandé si j'écrivais ce que je vivais ou ce que j'aurais aimé vivre.*Je ne t'ai jamais vraiment répondu par pudeur je pense. Je me suis posé trop de questions ce soir là. Je me demandé si l'amour et l'écriture ne naissaient pas en même temps. Sans doute était-ce un même mouvement. Celui de se dresser vers le ciel et de se laisser traverser par la vie. C'est peut être pour ça que j'écrivais, pour me souvenir de ce qui a été oublié. Pour le retrouver. Partir. J'ai eu des années pour penser à cela, partir et arriver, jusqu'à ce que ces moments aient acquis l'épaisseur d'une écorce noueuse qui les déforme et leur confère une sorte de grandeur. Il y a dans le monde quelque chose qui ne tourne pas rond. Je me dis chaque jour : Aujourd'hui, je vais écrire une histoire.' Mais le soir, après la vaisselle du dîner, je me mets à bâiller et je me dis : 'Demain, je l'écris demain, absolument. Pauline Penicaud.

J'ai pris le petit corps par la main. Je l'ai conduit chez le psychiatre rue de Grenelle. Je crois que j’étais tellement fatiguée, et je n'en pouvais tellement plus, que j'en étais arrivée à la conclusion, qu'il fallait que j'organise ma vie en fonction d'un bien être physique Le vent soufflait je frissonnais dans cette petite rue. J’ai longtemps pensé que les vides n’existaient certainement pas ou pas encore. Les vides viendront plus tard, lorsque les joies et les douleurs se font moins violentes et excessives. Lorsqu’on comprend que malgré tout, on continue à vivre. Lorsqu’on commence à moins attendre. Tu m’as souvent  demandé si j’écrivais ce que je vivais  ou ce que j’aurais aimé vivre.*Je ne t’ai jamais vraiment répondu par pudeur je pense. Je me suis posé trop de questions ce soir là. Je me demandé si l’amour et l’écriture ne naissaient pas en même temps. Sans doute était-ce un même mouvement. Celui de se dresser vers le ciel et de se laisser traverser par la vie. C’est peut être pour ça que j’écrivais, pour me souvenir de ce qui a été oublié. Pour le retrouver.  Partir. J'ai eu des années pour penser à cela, partir et arriver, jusqu'à ce que ces moments aient acquis l'épaisseur d'une écorce noueuse qui les déforme et leur confère une sorte de grandeur. Il y a dans le monde quelque chose qui ne tourne pas rond. Je me dis chaque jour : Aujourd'hui, je vais écrire une histoire.' Mais le soir, après la vaisselle du dîner, je me mets à bâiller et je me dis : 'Demain, je l'écris demain, absolument.     Pauline Penicaud.
Il paraît que je suis toute petite.






Photo et texte qui seront peut etre modifiés

# Posté le lundi 18 mai 2009 13:39

Modifié le lundi 17 août 2009 14:56

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